Si le monde n'a aucun sens, qui nous empêche d'en inventer un ? (PV Elwing Fray)

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Lun 8 Mai - 9:15



Si le monde n’a aucun sens, qui nous empêche d’en inventer un ?

feat. Elwing Fray


Les aiguilles de la vieille horloge avaient tourné, ne s’étaient pas arrêtées, se moquant bien du manque de sommeil dont les traits tirés de mon corps faisaient preuve.

Soupir.

Que faire ?

Emmitouflé dans un plaid rouge vif et neuf, j’étais affalé sur mon fauteuil, positionné de telle façon à ce que je puisse faire face à la fenêtre ouverte. Je devais admettre que ce n’était pas la plus belle vue que j’avais pu trouver jusque là de l’Académie mais, de là où j’étais, c’était suffisant pour entendre le monde siffloter la nuit qui s’en allait, et le jour qui se réveillait…

Non, cela était une idée totalement fausse. Le soleil et la lune ne dormaient jamais. Il y avait toujours quelqu’un pour les contempler, bien qu’elles se trouvent à des centaines de millions de kilomètres de distance.

Une pensée me traversa alors l’esprit : étant donné que nous nous trouvions sur une autre planète, cette dernière était-elle aussi ronde que notre bonne vieille terre ? Pire : nous trouvions-nous dans le même système solaire ? Les astres luisant dans le ciel étaient-ils les mêmes pour tout le monde ? Ce que nous appelions « soleil » et « lune » représentaient-ils les mêmes astres que ceux que nous avions mis des centaines d’années à apprivoiser sur terre ?

Non. Je ne devais pas. Je ne devais plus.

Les jours passaient. Les jours s’étiraient. Et pourtant, je ne me sentais pas plus rationnel que la veille. Bien au contraire. N’avez-vous jamais été poursuivi par la folie ? Ne pensiez-vous pas qu’un jour votre raison vous quitterait, sans dire un mot, alors que vous étiez au sommet de votre gloire ?

La seule et unique question qui resta alors dans ma cervelle et qui tambourinait avec une maladresse persistante ma boite crânienne me demandait comment différencier le fou du savant ? L’espèce humaine existerait-elle vraiment si elle n’avait pas cette dualité en chacun de ses membres ?

Il fallait que je me sorte de cette morbide léthargie, avant que l’un prenne le pas sur l’autre. Ou que l’autre prenne le pas sur l’un.

Je me sortis difficilement de ce cocon dans lequel je m’étais réfugié. Je m’approchais de la fenêtre et pris une grande inspiration.

Il était tôt. Il était si tôt que le temps semblait suspendu entre deux réalités. La nuit n’était pas totalement partie, et la journée n’était pas vraiment commencée. Mais, qu’importe ! Après tout, j’avais appris à mes dépends que l’Académie ne dormait jamais.

Je pris le temps d’écouter sa douce mélodie.

Comment ? Tu ne l’entends pas ? Pourtant, la rosée est là, comme tous ces matins, à chanter ! Il va falloir que tu te dégourdisses les oreilles si toi, le lecteur de ces lignes, tu n’as jamais entendu la rosée chanter.

Un rapide coup d’œil à ma montre m’indiqua cinq heures passées d’un quart d’heure.

Je ne pouvais pas sortir avec une tenue aussi débraillée. Et un rapide passage sous la douche ne ferait de mal à personne… Enfin, surtout à ma personne. Mon odeur corporelle était… disons qu’elle était insatisfaisante.

Je partis trois quarts d’heure plus tard, après avoir constaté qu’aucun de mes placards n’avait eu la décence de me prévenir qu’il n’y avait plus de thé. Que cela soit dans les boites ou dans les sachets, il n’y avait plus rien.

J’avais découvert, par hasard, je vous l’avoue sans détour, une vieille apothicairerie dans la zone Calypso. Elle se trouvait dans l’une des petites rues que personne n’osaient vraiment visiter, car beaucoup trop éloignées des grandes artères de la montagne où la vie pullulait tellement fort que j’en aurais vomi mon petit déjeuner si je n’avais pas eu l’estomac dans les talons la première fois que j’étais allé là-bas.

Et comme toute visite à l’étrange robot tenant cette échoppe, la tenue était de rigueur. Je dois dire que j’aimais particulièrement me glisser dans la peau de cet énergumène.

Le Chapelier Fou.

Après tout, ce curieux personnage se trouvait être une petite partie de chacun d’entre nous. J’étais persuadé que chacun d’entre nous cachait un Chapelier Fou en son sein. Il ne restait plus qu’à savoir si cette personnification de la folie était bénéfique ou maléfique. Mais là encore, c’était une autre histoire.

J’avais pu constaté, avant de partir dans les rues embrumées, que ma tenue n’était pas des plus sobres. C’était une explosion de couleurs. Les couleurs pouvaient-elles être associées à des saveurs ? J’étais persuadé que oui. Mais que ces saveurs changeaient selon l’utilisation de chacune des couleurs de la palette.

Passons.

Je fus surpris de croiser si peu de personnages sur ma route.

Surprise fausse, je dois l’admettre. Je longeais les murs depuis que j’étais parti, comme si ces derniers pouvaient me permettre de n’être qu’une ombre parmi les ombres. Parfois, je prenais le temps de m’en éloigner pour m’arrêter sous le halo pâle et difforme d’un vieux lampadaire. Le brouillard était très épais ce matin, et il nous était difficile d’apercevoir – ou d’entrapercevoir – les figures qui se déplaçaient, tels des fantômes, dans les petites ruelles.

Tout en quittant ma zone de résidence pour pénétrer sur le territoire de Calypso, je me pris à penser que j’aurais bien aimé partager ce moment entre ciel et terre, cet instant suspendu dans la grande roue du temps, avec quelqu’un. Je ne me reconnaissais plus.

Depuis quand est-ce que je cherchais la compagnie d’autrui ?

Je pénétrais dans la montagne alors que je constatais, avec inquiétude, que la solitude me pesait énormément. A dire vrai, je n’avais jamais eu à l’affronter… Quoi que… Non. Quand je rentrais chez Monsieur, je savais que quelqu’un m’attendrait, que je ne serais jamais seul. Malgré le fait que les missions et les tâches qui m’étaient confiées, étaient de plus en plus difficiles à éxécuter, je savais que mon oncle et Monsieur auraient toujours été mon filet de sécurité. Mais, aujourd’hui, qui était mon filet de sécurité ?

Je ne pouvais pas faire confiance à n’importe qui. Je le savais. Tout le monde le savait.

Je finis par arriver devant la porte du Twisted Root. Une petite loupiote brillait continuellement au-dessus de la porte… Enfin, elle avait toujours été là à chaque fois que je m’étais présenté en ces lieux. Je fus heureux de ne plus être sur l’une des rues principales de la montagne. Je trouvais qu’il y régnait un bruit perpétuel. Je préférais le calme des petites rues comme celle où se trouvait le magasin… Même si c’était aussi l’un des lieux préférés pour les bandits de bas-étage pour tendre un piège, souvent mortel pour la victime.

Je m’arrêtais devant la vitrine, me demandant bien quelles nouveautés l’apothicaire allait bien pouvoir me proposer aujourd’hui. Malgré l’excitation, je sentais comme un petit vide en moi. Non, vraiment, découvrir le monde était bien plus amusant lorsque nous n’étions pas seuls.

Je pris une grande inspiration. Le brouillard était venu jusque là, et cela, malgré les machines et le brouhaha des artères principales. Je me tournais vers ce qui devait être l’entrée lointaine et inaccessible de la rue. Enfin, tout était relatif, hein ! Pouvait-on trouver cette allée dans une pareille purée de pois ?

« Je ne te connais sans doute pas assez, Académie que tu es ! Néanmoins, aurais-tu la bonté de guider jusqu’à moi une âme, peu importe les tourments et les joies qui l’habitent, pour que nous puissions ensemble pénétrer dans l’antre que voilà ? Il paraît que les nouveautés reçues cette semaine sont inouïes, extraordinaires… Mais il est bien triste de devoir partager l’excitation du moment avec sa propre personne ! Quelqu’un voudrait-il jouer la Alice du Chapelier Fou que je suis ? »

Comment ? Vous n’aviez jamais parlé à l’Académie ? Ce n’est pas parce que je n’appréciais pas Monsieur E que je n’affectionnais pas l’Académie en tant que personnage.

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Mar 9 Mai - 20:32
Grand laboratoire privé врач Иван  (docteur Ivane)
Expériences des inoculations de germes mortels (Typhus)

Il s'agit d'infections provoquées par les bactéries. C’est une maladie grave pour l’être humain, les principaux hôtes de ces bactéries sont les rongeurs (rats, souris) et les insectes ou arachnides (puces, tiques, poux) et sont transmis par morsure ou piqure.

On peut sauver des millions d’être humain, quitte à en sacrifier quelques-uns, le choix est vite vu, non ? Les expériences sur les animaux sont, certes, pratiques mais ne règles pas tout. Les plus utiliser sont les souris mais aussi les singes et les chiens( l’un des plus utilisé étant le beagle) apprécié pour sa proximité avec l’homme. Proximité qui pose problème, les humains qui y travaillent s’attachent et le cœur se brise à chaque séparation. Car un animal de laboratoire finit par mourir. Un humain aussi. Mais l’interdiction d’utiliser un congénère comme cobaye est désormais interdit depuis la seconde Guerre mondiale.  Mais transgresser les règles arrivent bien souvent. Même pour des fautes si graves. Et la Russie fut un temps, les champions dans le domaine expérimentales.

Ils la connaissaient bien... Mais elle ne les connaissait pas. Ce jour-là, il s’était approché d’elle. En ce temps-là, ses cheveux blonds étaient coupés au carré, strict et droit. Elle ne souriait pas. Ne comprenait pas. Pas d’explication. On la surnommait juste « le numéro 666 » est-ce là le fruit du hasard que son numéro correspondait à celui de Satan ? Peut-être pas tant que ça. Cela faisait déjà trois ans qu’elle était là. Alors que les autres sujets la quittaient petit à petit pour être remplacé, la longévité était de quelques-jour, quelques mois, une année tout au plus. Mais elle, était toujours là. Certains avait eu la chance de pouvoir se suicider(quoi dire d’autre) les autres, morts de maladies (virus transmis, hygiène etc). Elle, n’avait rien tenté. Peut-être parce qu’elle était trop jeune ?

Elle se souvient bien, de ses gens, souvent avec des masques, des gants de plastiques qui l’observaient. Elle n’y lisait ni cruauté, ni compassion. Etait-ce vraiment des êtres humains ? Avaient-ils une famille ? Des amis ? Une vie, surtout ? Ils se comportaient comme des robots… Pas une once de chaleur. Il ne lui parlait jamais directement à elle, la manipulant comme les animaux, comme si elle ne comprenait pas leur langue. Mais personne voulait lui parler. Le néant total.

Un homme c’était approché, la saisissant sans ménagement. Il y avait des piqures, des scalpels et tout une panoplie d’objet. Il y avait également des élevages/cultures de bactéries. L’aiguille fine de la piqure avait pénétré sa peau. Dieu sait quelle saloperie allait s’infiltrer une fois de plus dans son corps et qui avait tuer bon nombre de ces malheureux camarades…
On pouvait faire ce qu’on voulait d’elle. C’était le contrat. Quel contrat ? Qui l’avait signé à son insu ? Elle ne pouvait pas comprendre, à l’âge de 5 ans… On avait décidé pour elle. Ce funeste destin qui aurait pu causer sa mort…. Qui aurait voulu du mal à une gamine de 5 ans ? On voulait juste se débarrasser d’elle.

Elle se réveilla en sursaut. Elle tremblait. Son chat était penché sur elle, son cœur battait si vite. Impossible de se calmer. Impossible. Elle avait chaud. Pourtant sa fenêtre était ouverte. Elle alluma sa petite lampe, laissant ses yeux s’habituer à la lumière. Elle se mit à genou sur son lit, Reese, assis sagement à côté d’elle, poussant un « miou » d’interrogation. Même s’il avait pu la comprendre, elle n’aurait su quoi lui répondre. Elle avait peur. C’est surement ça qu’elle aurait fini par lui dire. Toute les nuits, ces mêmes rêves, sans espoir et ces expériences influencés par les nazis, puis reprit beaucoup plus tard.

Elle se leva, perdant l’équilibre, retenu par le mur blanc, derrière elle. Quelle heure était-il ? Très tôt, elle en était certaine. Vraiment très tôt. C’était souvent ainsi, avec elle. Elle aimait la nuit, mais elle se réveillait souvent très tôt, à cause de ses mauvais rêves. Toujours ses mêmes rêves et personne ne savait. Son cœur était lourd, mais elle souriait souvent… Car avant, elle ne souriait pas. C’était comme marcher. Elle avait appris.

Elle s’habilla. Ses blessures, présentes un peu partout sur son corps, elles ne cicatriseront surement pas… Une nouvelle réalité. En plus d’une enfance volée. En plus de ça, elle n’avait eu de parents que pendant 3-4 ans… et la voila désormais dans cette académie, abandonnée de nouveau. Non. Cette fois-ci, c’était elle qui avait abandonné ces parents adoptifs. La solitude lui pesait.

Elle ouvrit la porte de chez elle, fermant la porte quand elle quitta le seuil. Il n’y avait pas grand monde, dehors, cela ne la gêna pas… pas trop. Elle voulait juste sortir de chez elle, oublier, comme à chaque fois. Repartir de zéro, hein ? Tss, aber ja, sicher… On ne peut pas tout effacé. La mémoire humaine avait ses défauts.

Elle marcha un bon moment, déambulant, pour se changer les idées. Son chat la suivant. Sa plus belle compagnie, certainement. Ces pas la menèrent jusqu’à Calypso. Elle ne savait pas pourquoi. Là encore, il n’y avait pas beaucoup de monde. Mais bon, maintenant, elle avait mal aux jambes. Et soif aussi. Oh ! Oui, très soif. Que faire, alors.. ? Elle n’avait pas spécialement envie de s’attarder ici.

Pourtant, devant elle, une apothicaire….  Hmm… non. Quitter les lieux et rentrer à présent, ça valait mieux. Ou bien s’arrêter sur un banc. Elle longea discrètement le bâtiment, prudemment comme à son habitude.

- Je ne te connais sans doute pas assez, Académie que tu es ! Néanmoins, aurais-tu la bonté de guider jusqu’à moi une âme, peu importe les tourments et les joies qui l’habitent, pour que nous puissions ensemble pénétrer dans l’antre que voilà ? Il paraît que les nouveautés reçues cette semaine sont inouïes, extraordinaires… Mais il est bien triste de devoir partager l’excitation du moment avec sa propre personne ! Quelqu’un voudrait-il jouer la Alice du Chapelier Fou que je suis ?

Elle plissa les yeux. Un homme. Plus âgé qu’elle. Et il parlait seul. Oh, non, non, non… Un fou. Pitié…. Et à qui… « s’adressait » t-il ? Ça phrase avait, pour elle, pas une once de sens. Etait-il perdu ? A quoi bon s’inquiéter ? Une fois avait suffi de se mêler de ce qui ne la regardait pas. Et pourtant… ça avait un peu piqué sa curiosité… si maladive que ça aurait pu devenir un défaut ! Elle resta donc là, quelques instants, hésitantes. Elle passa une main dans ses cheveux blonds… redevenus longs voici de cela longtemps…

Il ne l’avait probablement pas vu, elle aurait pu partir, mais elle resta. Elle n’osa pas trop s’approcher. Ce fut Reese qui bondit le premier en miaulant, n’ayant plus de raison de rester là, elle s’approcha gentiment et se positionna vers le jeune homme. Aïh.. allait-elle regretter d’avoir de nouveau affaire à une personne étrange ? De toute façon, ici, il n’y avait que ça, des gens hors norme… Elle engagea donc la conversation sur un ton presque inquiet, le fixant de ses yeux verts.

- B…bonjour… est-ce que je peux vous aider.. ? Je vous ai vu… parler, vous vous sentez bien.. ?

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Jeu 11 Mai - 14:09



Si le monde n’a aucun sens, qui nous empêche d’en inventer un ?

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« Mais je n’ai nulle envie d’aller chez les fous », fit remarquer Alice.
« Oh, vous ne sauriez faire autrement, dit le Chat : ici, tout le monde est fou. Je suis fou. Vous êtes folle. »
« Comment savez-vous que je suis folle ? » demanda Alice.
« Il faut croire que vous l’êtes, répondit le Chat ; sinon, vous ne seriez pas venue ici. »
De Lewis Carroll

Un miaulement répondit à ma tirade, et un petit chat tout mignon sauta dans le pâle halo de lumière qui éclairait la ruelle.

« Bien le bonjour, Mister Cheshire ! »

Je m’accroupis et tendis ma main pour caresser ce nouveau compagnon.

« Je me doute bien que ce n’est pas ton prénom, mais, à défaut de le connaître, et par manque de connaissance de ma part dans la langue des chats, je pense que nous nous contenterons de ce petit nom là. Qu’est ce que tu en penses ? Il te plait ? »

Je soupirais.

« Tu es tout seul ? Tu dois bien avoir un maitre… quelque part dans l’académie. Tu sais que ce n’est pas prudent de se promener tout seul dans les zones, à cette heure si matinale, et par un temps pareil. Qu’est ce que tu viens faire là ? »

Mon erreur fut de penser que Mister Cheshire et moi étions seuls devant le magasin.
Une bourrasque de vent vint faire plier sous son joug les poils de mon compagnon d’infortune et tenta d’emporter dans son sillage mes vêtements. Ils virevoltaient dans tous les sens.
La lanterne du lampadaire vacilla. Sa flamme dansa comme si le diable en personne avait pris possession de son corps.
La brume se mit à gigoter.
Le brouillard se fit plus mordant.
Des frissons me traversèrent de part en part.

« Viens, Mister Cheshire. Je ne peux pas te laisser tout seul dans ce froid. Cela ne serait pas très gentil. Et puis, je suis sûr que ton maitre serait bien content de te retrouver en un seul mor… »

Un mouvement vers l’un des bâtiments.
Une ombre s’afficha lentement dans les bras de la mélancolique fumée.
Les contours d’une jeune fille se dessinèrent.
Elle s’installa dans la zone de discussion.
Sa chevelure blonde me fascinait. A croire qu’Académie avait répondu à mon appel.
Ou alors que le hasard avait bien fait les choses.
Mais je ne croyais pas au hasard.
Il serait trop beau pour être vrai.
Le ton qu’elle utilisa pour me saluer et poser quelques questions me fit froncer les sourcils.
Pourquoi semblait-elle si inquiète ?
Pourtant, ses grands yeux verts qui me fixaient ne m’indiquaient pas tant de… Enfin, ils parlaient de beaucoup de choses, d’évènements, de combats, mais je ne connaissais pas assez ma nouvelle interlocutrice pour m’avancer sur quoi que se soit.
Et cela aurait très impoli de ma part.
Je m’étais promis de suivre mes propres règles, tout en honorant celle faite à Monsieur et mon oncle.
Sa voix était incertaine.
Avait-elle peur ?
De qui ?
De quoi ?
De moi ?
Pourquoi ?
Je n’avais certainement pas de mauvaises intentions concernant cette jeune fille.
Et pourtant.
Le fait de m’avoir entendu parler à quelqu’un qu’elle ne voyait pas la rendait craintive à mon égard.
Pourquoi fallait-il que les interlocuteurs soient une entité visible, palpable ?

« Bonjour, demoiselle. Bien que votre proposition soit des plus charmantes, j’ai bien peur qu’il y ait quiproquo sur la situation. »

Oups.
Quel impoli je faisais.
Ma main enleva précipitamment le haut-de-forme qui ornait ma tête.
Et je m’inclinais pour saluer Alice.
Alice ?
Et bien, la demoiselle qui se trouvait juste là.
Comment ?
Ce n’est pas son prénom ?
Et moi, alors ? Est ce que je m’appelle Chapelier Fou ?
Non.
Et je n’en fais pas tout un plat.
Comment ?
Je l’ai choisi ?
Bien sûr que j’ai choisi ce surnom.
Et cet accoutrement coloré… Qui doit paraître bien ridicule aux yeux du monde.
Mais que pensais-je du monde ?
Peu de bien.
Beaucoup de mal.
Et cette frêle jeune fille devant moi ne m’inspirait pas le dégout habituel que je portais sur l’être humain.
Bien au contraire.
Elle me paraissait si fragile.
Comme une petite sœur a protégé.
Ou un doudou que tu voudrais serrer très fort dans tes bras pour plus jamais qu’il ne soit triste.
Bien curieux sentiment que voilà.
Je me grattais la gorge, quelque peu incertain sur l’attitude à adopter.

« Laissez-moi me présenter. En cette heure, je suis le Chapelier, le Chapelier Fou du Pays des Merveilles. Je serais certainement un autre dans quelques heures. Peut-être penserais-je à passer par la case « moi » quand je rentrerais poser dans mon antre les achats que je compte effectuer ici et maintenant. »

Silence.
Il était si pesant.
Je n’osais le briser de peur de voir le reflet d’un fantôme dans les morceaux du miroir qui retomberaient. Inertes. Sur le sol.
Etait-ce vraiment ce silence qui était pesant ?
Ou la peur de cette solitude que je retrouverais lorsque cette rencontre prendra fin ?
Je n’admettais pas que je n’étais pas fait pour habiter seul.
Tout ce que je voulais, c’est de la reconnaissance.
Exister aux yeux de quelqu’un.
J’avais besoin d’être rassuré.
De prouver que je n’étais pas qu’un excentrique dans des costumes divers et variés.
Je voulais parcourir le monde.
Je voulais découvrir de nouvelles choses.
Je voulais comprendre les mystères.
Quels mystères ?
Ceux assez intéressants pour que le voleur-détective que j’étais se déplace.

« Je vois bien  que je vous dois quelques explications, mais je crains que mon esprit et le vôtre n’utilisent malheureusement pas la même résonnance… Comme si nous vivions dans deux mondes différents. »

Nouveau silence.
Non.
Vraiment.
Il fallait que je fasse quelque chose.
J’étais persuadé que, l’un comme l’autre, nous pourrions tirés un élément positif de cette rencontre.
Je n’avais pas le droit de me plonger dans ma coquille.
Loin du monde.
Loin des hommes.
Sociabilité.
Quel bien curieux mot.

« Je… Je suis désolé. Pardonnez mon infatigable insociabilité. Comment puis-je vous appeler ? »

Mouvement sur ma gauche.
Mister Cheshire se trouvait là.
Il nous regardait de cet air innocent que les chats savaient si bien faire.
Mon doigt se pointa sur Mister Cheshire, et les sons firent le reste.

« Par le plus grand des hasards, ne connaitriez-vous pas Mister Cheshire ? Oh, il ne s’appelle pas comme ça mais… Je dois avouer que j’ai entamé la discussion avec lui tout à l’heure – juste après avoir fait une demande à l’esprit de cette Académie –, et, ne voulant pas juste le nommer « chat », je lui ai donné un petit nom. Je lui ai promis que je l’aiderais à rentrer chez lui. »

Bien.
Enfin…
C’était mieux que ce que je lui avais sorti précédemment.
Parfois, je me trouvais si… fatiguant !
Mon personnage.
Je devais rester dans mon personnage.
Et pourtant, j’avais plus ou moins conscience que si je restais trop attaché au Chapelier Fou, je pourrais perdre mon interlocutrice à tout jamais.
Que faire ?
Non.
Cela ne se déroulait pas du tout comme je l’avais prévu.
Qu’est ce qui me faisait ainsi douter de mes compétences ?
Etait-ce l’attitude de mon interlocutrice qui, bien que non malveillante, laissait à penser que je lui faisais peur ?
Il fallait que je me ressaisisse.
Et maintenant.

« Pensez-vous qu’un fou est dangereux parce qu’il est, justement, fou ? »

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Jeu 11 Mai - 23:37
« Elwing ou es-tu ? »

Mouvement de tête à gauche puis à droite.

« El… oh…  que fais-tu, ma chérie ? Tu regardes les fleurs ? Ne reste pas dehors trop longtemps, tu vas attraper froid. »

La porte se ferma. Le silence revint. Elle se retourna, accroupit dans l’herbe.

Elle ne parlait pas.  Sa voix était bloquée même si elle le voulait profondément, aucun son ne pouvait sortir. Comme si elle n’arrivait plus à mettre de mot sur des situations. Comme si ses cordes vocales avaient été sectionnées. Psychologue, médecin, personne ne pensait pouvoir la faire reparler un jour ou alors il faudra un miracle.

Un geste attira son attention, rapide, vers les grandes tulipes et jonques du fond du jardin.

Une menace ?

Elle s’y approcha, méfiante, gardant une distance respectable au cas où… crispé elle se pencha. Et là, surprise. Un chaton qui grattait la terre. Quand il la vit. Il fit le dos rond, il était assez maigre et poussait de petits miaulement apitoyé. Elle s’agenouilla, ses mains sur ses cuisses et attendit.

Un heure dû s’écouler, le chaton c’était couché à un mètre d’elle, la toisant de ces yeux jaunes, mais surement la faim le convaincu à jouer les imprudent en s’approchant de l’humaine.

Elle le prit délicatement dans ses bras et rentra chez elle, se postant devant sa mère adoptive, elle leva le chat vers elle.

« qu’as-tu trouvé là, Elwing.. ? A qui appartient cette bestiole ? »

Elle haussa les épaules en signe qu’elle ignorait ce que venait faire ce chat dans les plates-bandes.

« bon, on ne peut pas laisser un si petit animal tout seul, j’appellerai la spa et la police pour savoir si quelqu’un recherche un chaton »
Mais personne ne vint le réclamer.
Et le chaton resta. Il devint le nouveau petit dernier de la famille. Lui aussi n’avait plus de parents, mais au moins, on ne l’avait pas revendu comme sujet d’expérience, lui..
Le temps passa et elwing se pris de plus en plus d’affection pour la petite bête, le sourire de la fillette, à l’époque si rare ravi ses parents « le bienfait de la compagnie animal »

Et c’est ainsi que son père adoptif qui passait par hasard dans sa chambre entendit un joli rire, de l’autre côté de la porte entendant ces quelques mots qui lui firent tomber la pile de linge qu’il tenait dans ses bras :

« tu… me chatouilles, hihi. Tu… tu es si chou… Reese… ce sera ton… nouveau nom, ça te va… ?

Cette phrase semblait venir d’une voix sorti d’un lourd sommeil, une voix revenue de loin et pour la première fois, monsieur Fray entendit la douce et belle voix de celle qu’il avait adoptée et qu’il aimait comme ça propre fille.


Et ce fut justement cette boule de poil aussi curieux qu’elle qui venait de s’évaporer dans la nature… ça avait toujours été ainsi, Reese l’accompagnait partout mais c’était une catastrophe sur patte, gentil et compréhensif, l’animal se mettait souvent dans de mauvaises situations parfois difficile à s’en défaire.

Et le voilà loin. Zou. Disparu. Elle ne s’inquiétait pas, elle avait l’habitude, puis, de toute façon, il fallait qu’elle se concentre sur l’étrange personne qui se trouvait devant elle…

- bonjour, demoiselle. Bien que votre proposition soit des plus charmantes, j’ai bien peur qu’il y ait quiproquo sur la situation.

Un homme.  Avec, apparemment un vocabulaire riche. Habillé de manière extravagante. Il s’inclina devant elle. Une attitude qui lui rappela ces années où les hommes étaient encore de vrai gentleman. Année qui semblait si lointaine… cela ne put que la surprendre.

- laissez-moi me présenter. En cette heure, je suis le chapelier, le chapelier fou du pays des merveilles. Je serais certainement un autre dans quelques heures. Peut-être penserais-je à passer par la case « moi » quand je rentrerais poser dans mon antre les achats que je compte effectuer ici et maintenant.


Oulaaah, en effet, elle avait affaire à un sacré cas. Pourtant il semblait gentil. Et là, elle ne savait pas du tout comment réagir. C’était quand même pas ça son nom, si ? Elle ne comprenait pas.  Comment ça, en cette heure ?  Qui ça « moi » ?

Elle l’observa avec curiosité. Il n’y avait nul trace d’hostilité. Juste une sympathie et une courtoisie fort intéressante qui devrait surement la mettre en confiance… si elle comprenait les dires de son étrange interlocuteur !

Alors comme ça, elle devrait le nommer « chapelier » ? Bizarre, mais si tel était son souhait. Cela ressemblait davantage à un surement. Eeeenfin bref, elle n’allait pas râler. Ce serait donc, le chapelier. Qui se définissait comme fou. Difficile à cerner, comme personnage…

- je vois bien  que je vous dois quelques explications, mais je crains que mon esprit et le vôtre n’utilisent malheureusement pas la même résonnance… comme si nous vivions dans deux mondes différents.

Différent ? Le mot est faible ! Il devait venir de galaxie radicalement différente ! Mais, bonjour la croisade, vaisseau en panne, voila donc une fissure inter dimensionnelle qui les faisait se rencontrer, cette simple brèche qui rassemblait deux êtres aux valeurs  et au vécu différent.

Lui, ne sembla pas du tout savoir comment gérer cette situation. Elwing lui sourit timidement. Le chapelier semblait pourtant vraiment vouloir converser mais elle, ne parvint pas à parler, plongé dans son mutisme habituel. Il continuait de le regarder, de le sonder. La tache fut ardue.

- je… je suis désolé. Pardonnez mon infatigable insociabilité. Comment puis-je vous appeler ?

Elle ne répondit pas. Comme une enfant qui rencontrait un inconnu. Entre méfiance et curiosité. Elle semblait si jeune et fragile… et pourtant elle était à l’académie.

- par le plus grand des hasards, ne connaitriez-vous pas mister cheshire ? Oh, il ne s’appelle pas comme ça mais… je dois avouer que j’ai entamé la discussion avec lui tout à l’heure – juste après avoir fait une demande à l’esprit de cette académie –, et, ne voulant pas juste le nommer « chat », je lui ai donné un petit nom. Je lui ai promis que je l’aiderais à rentrer chez lui.

Elle baissa les yeux et resta figé en découvrant l’animal qui se tenait fièrement. Ahhh et il osait faire son malin ?

Reese.

Elle poussa un long soupire puis sourit. Elle entendit l’animal ronronner. Si lui ne craignait pas le chapelier, elle n’avait aucune raison de le craindre, le chat sentait le danger et pour ainsi se pavaner, il faut dire que la menace n’était pas présente. Elle se détendit, plutôt rassurée mais une fois de plus étonnée. Voila qu’il avait donné un bien curieux nom à la petite bête.

Pourquoi pas, après tout, ce n’est pas Reese qui allait se vexer. Ni elle, d’ailleurs. Elle ne se considérait pas comme son maitre mais plus comme son amie voila pourquoi elle ne l’enfermait pas et, même ici, elle lui laissait sa liberté. Liberté si précieuse… elle ne voulait plus jamais avoir à la perdre…

- pensez-vous qu’un fou est dangereux parce qu’il est, justement, fou ?


Avait-il ressentit sa méfiance ? Très certainement. Elle s’en voulu un peu, mais on lui reprochait souvent d’être naïve alors… c’était la vraie raison. Mais bon. Le mot fou l’a mis un peu mal à l’aise. C’est vrai qu’à ces mots, elle pensait directement à un psychopathe tueur en série ou simplement un débile dans un asile… est-ce ainsi que l’on devait définir le personnage ?

Non. Ce ne serait pas juste. On ne juge pas un livre à sa couverture. Ce serait injuste de sa part. L’image que l’on donne n’était peut-être pas la meilleure… elle inspira profondément et parla timidement :


- je ne me base pas sur des préjugés. Ce sont les actions d’une personne qui me permettront de juger, je… je suppose…

Elle planta ses yeux verts dans ceux du jeune homme avant de fixer le petit animal. Ce dernier s’était assis bien sagement et se passait la patte derrière l’oreille. « sans gêne, celui là ! » elle répondit donc d’un ton amical :

- je m’appelle Elwing et lui, elle désigna le félin, c’est Reese, il s’agit de mon ami et il en fait un peu qu’à sa tête, désolé s’il vous a dérangé… !

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Ven 12 Mai - 21:18



Si le monde n’a aucun sens, qui nous empêche d’en inventer un ?

feat. Elwing Fray



« Mais je n’ai nulle envie d’aller chez les fous », fit remarquer Alice.
« Oh, vous ne sauriez faire autrement, dit le Chat : ici, tout le monde est fou. Je suis fou. Vous êtes folle. »
« Comment savez-vous que je suis folle ? » demanda Alice.
« Il faut croire que vous l’êtes, répondit le Chat ; sinon, vous ne seriez pas venue ici. »
De Lewis Carroll

Murmure du vent.
Complainte de la lanterne.
Il était grand temps que ces deux-là s’accordent pour chasser les ombres de la ruelle.
Je restais un peu perplexe face au peu de réactivité de mon interlocutrice.
Enfin…
Si. Elle en avait.
Mais ce n’était pas vraiment à ce à quoi je m’attendais.
Pourquoi tant de prudence ?
Avais-je donc fait quelque chose de mal pour qu’elle ne se prenne pas au jeu ?
N’étais-ce pas monnaie courante de croiser personnage saugrenu dans ces contrées ?
Je ne comprenais pas.
Respire.
Ne pas montrer que j’étais profondément troublé.
L’expérience de la vie lorsque nous parcourions le monde, avec pour seule amie la solitude, était assez déconcertante.
Je voyais bien que deux visions s’entrechoquaient.
Et pourtant, cette nette impression qu’elle ne cherche pas à comprendre l’incompréhensible me laissait sans voix.
Elle ne faisait que supposer ce qu’elle affirmait.
Et elle l’affirmait haut et fort.
Non.
Elle ne pouvait pas rester éternellement ainsi.
Se remettre en question était une chose.
Douter de soi en était une autre.
Il fallait que je creuse tout ceci.
Et que nous repartions sur une note plus légère.
Pour une première rencontre, parler philosophie de la folie et de la vie, ce n’était pas vraiment le pied.
Réfléchissons.
Intervenir aussi serait une idée brillante parmi les autres.
Le silence commençait à être long.

« Je vous souhaite un bon matin, mademoiselle Elwing ! »

Bien curieuse salutation.
Mais à la hauteur de ma folie et de mes convictions.
A dire vrai, les salutations traditionnelles, celles que tout le monde clamait à tout bout de champs, me fatiguaient.
Quelques petites nuances n’étaient pas une perte de temps.
Et c’était une bonne façon de rendre chaque rencontre un peu spéciale.
Un peu étrange.
Un peu… hors de l’espace où nous avions l’habitude de tourner et retourner.

« Et à vous aussi, monsieur Reese, bien que vous auriez pu avoir l’amabilité de me présenter votre amie avant que nous nous retrouvions dans une situation fort embarrassante. »

Mes épaules se haussèrent un instant, avant de retomber à leur place.
Le sourire que j’abordais tout à l’heure revint sur mon visage.
Un sourire simple.
Un sourire vrai.
Un sourire doux.

« Vous savez, monsieur Reese, vous me faites penser à mon compagnon, le Chat de Cheshire. Peut-être l’avez-vous déjà rencontré ? Bien que je reste persuadé que, tout comme Cheshire, vous n’en direz pas un mot. La voie des chats est souvent impénétrable pour les simples mortels que nous sommes. »

Oups.
Voilà que je repartais dans mes divagations.
Simple.
Il fallait que je reste en compagnie de ma folie, mais en restant simple.
Je n’avais pas à partir dans de grands débats, de grandes théories que moi seul comprendrais de toute façon…

« Enfin, tout ça pour vous dire, mademoiselle Elwing, que votre compagnon de route ici présent a forcé le destin afin que nous nous rencontrions ce matin. »

Oups.
Ça sonnait mieux d’en ma tête.
Et les mots s’étaient entremêlés pour former une phrase étrange.
Surtout dans notre situation.
Il ne fallait pas se leurrer.
Nous étions déjà dans une situation étrange.
Et je ne suis pas sûr que les mots placés autrement auraient donné une meilleure sonorité de phrase.
Elle aurait toujours sonné aussi bizarre.
C’était même assez déplacé pour celui qui viendrait interrompre notre dialogue à cet instant.
Je me sentais coupable.
Coupable d’être venu ici ce matin.
Coupable d’avoir mis dans une si mauvaise posture mon interlocutrice.

« Vous savez, mademoiselle Elwing, s’il y a une chose dont vous pouvez être sûre, c’est que votre vie est aussi précieuse que toutes les autres. Et que chaque être vivant possède sa propre perception du monde et des gens qui l’entourent. Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises réponses. Si vous souhaitez juger les hommes par leurs actes, ne supposez pas, croyez en ces mots. Ils ne pourront que vous remercier de les avoir rendu plus vivants que jamais… Surtout si vous liez l’acte à la parole. »

Une bourrasque vint danser avec l’attrape-rêve qui se trouvait juste au-dessus de la porte du magasin.
C’était bien la première fois que je le voyais.
Depuis quand l’apothicaire avait-il accroché l’attrape-rêve ici ?
Etrange.
Que cherchait-il à faire ?
Un autre mystère à éclaircir.

« J’ai bien conscience que la situation peut porter à confusion et que rien de ce que je pourrais dire ne pourra alléger l’air de cette conversation. Il y aura toujours des aprioris. Il y aura toujours des arrière-pensées. Même si on ne souhaite pas les avoir. Notre passé finit toujours par nous rattraper. Qu’il ait été heureux ou malheureux. La situation présente rappelle toujours un événement passé, ou renvoie à une peur, consciente ou inconsciente. Les hommes sont faits ainsi. Et personne ne pourra rien y changer. C’est dans leur nature que d’être méfiant. »

J’allais m’arrêter là dans ma leçon de moralisation.
Moralisation ?
Je n’étais pas sûr que le mot soit juste.
C’était une façon de mettre la situation à plat.
Elle et moi savions de quoi il en retournait maintenant.
Mon corps se mit lentement à grelotter.
Il est vrai que je n’étais pas chaudement couvert.
Et ce matin n’était pas des plus chauds.

« Bien que votre compagnie m’est fort agréable, je dois avouer que l’environnement se nourrit abondamment de la chaleur de mon corps depuis un moment déjà, et je n’aimerais pas finir congeler avant même d’avoir commencé ma journée. »

Un carillon se fit entendre au loin.
Un visage apparut derrière la vitrine de l’apothicairerie.
Un visage de fer.
Une main de fer qui me salue.
Et un androïde qui disparaît dans la douce chaleur du magasin.
Je savais qu’il savait que nous étions là.
Mais il n’avait pas voulu nous déranger.

« Serait-ce trop osé de ma part que de vous demander de m’accompagner à l’intérieur ? Il y a un bon feu de cheminée qui brûle et de vieux fauteuils, certainement encore plus abîmés que la dernière fois que je suis venu, mais qui sont fort confortables, et qui n’attendent plus que nous. Peut-être pourrais-je vous parler du pays d’où je viens ? Et de mes compagnons d’armes. Avez-vous déjà entendu parlé du Pays des Merveilles ? »

Mes mains se frottèrent l’une contre l’autre, pour tenter de trouver un peu de chaleur dans la présence rassurante de sa congénère.

« Si vous souhaitez continuer votre route, je vous raccompagnerais jusqu’à l’artère principale, et nous nous quitterons. Je ne tiens pas à vous laisser dans un endroit aussi peu éclairé que celui-ci. Même si nous sommes dans une académie, nous ne savons pas vraiment sur qui nous pouvons tomber. »

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Dim 20 Aoû - 1:08
Quand on est seul à jamais, quand on est condamné à retracer son histoire avec le cœur meurtri et l’ancre fabriqué avec son propre sang, on comprend que l’existence même n’a plus raison d’être, à moins d’appuyer sur le papier pour y déposer le point final avec les quelques tâches qui rougirait la feuille et marquerait la date exacte des horreurs du passé, bien trop terrible pour être décrit par des mots. Après cela, peut-être, pourrait-on tourner la page et oublié toute les précédentes.

La mémoire humaine aura à jamais ces faiblesses, celle de se souvenir des moments marquants. Et pas que les bons moments. Et c’est ce qui empêche une personne à avancer, s’accrochant comme une tique pour ne jamais disparaitre et plonger son hôte dans le désespoir de pouvoir un jour repartir de zéro. Le zéro n’existe pas, quand on compte, on part toujours de « un ». On oublie le zéro. Ce qui fait que l’on peut faire le deuil mais pas oublié. C’est le fardeau d’être humain, d’être d’une intelligence supérieure mais vu autrement, nous subissons plutôt une malédiction. Celle d’être tellement intelligent que l’on détruit notre propre habitat naturel, celle de nous donner la capacité si unique d’être le seul être vivant capable de sadisme, celle d’être si supérieur qu’il nous incite à détruire ce que l’on aime le plus plutôt que de le chérir.

C’est peut-être pour cela que les personnes les plus louches et celles qui respectaient moins « la norme » était les moins dangereuse, car, ne dit-on pas, que dans la peau d’un mouton, peut se cacher un loup.. ? Que c’était lassant de se méfier constamment de chaque personne qui vous adressait la parole !

Elwing aurait pourtant dû se méfier d’avantage des gens mais… à quoi bon ? Qu’est-ce qu’elle pouvait vivre de pire que ce qu’elle avait déjà vécu ? Sorti trop tôt de l’innocence pour se voir souiller par les hommes en blouse blanche. En effet, l’homme n’avait aucun scrupule de salir de ses mains qui empestaient le cadavre, un ange dont la pureté si fragile n’aurait pu que voler en éclat. C’est toujours les belles fleurs qui fanent avant toutes les autres, quelle ironie !

C’est ainsi, que de sa voix fort aimable et courtoise, le jeune homme la salua. Avec un « mademoiselle Elwing ». Mademoiselle qui ne se disait plus à l’heure actuel mais ce jeune homme semblait venir d’un tout autre temps, alors cela sonnait agréablement bien aux oreilles de la jeune femme qui se trouvait un peu jeune pour un « madame » de toute façon.

Un personnage bien singulier. Une personne à part qui défiait toute les normes… Mais après tout, c’est quoi « la norme » ? Des petits soldats tous habillés pareils aux vies similaires et au passé blanchi de toute trace suspecte… Des humains sans personnalité propre et sans avis bien défini… quel ennui. Voila donc les personnes à fuir. Voila également comment représenter les hommes en blouse blanche. Des robots.

Elwing n’en fut que plus intrigué quand ce drôle de jeune homme communiqua directement avec Reese. Cela la fit sourire. Comparé à Varon, ce dernier ne méprisait pas son ami. C’est peut-être ce qui lui fit baisser sa garde. Otant sa méfiance pour à nouveau laisser place à sa curiosité. Ce type était fou. Mais un fou au très bon fond. Du moins c’est ce qu’elle détermina en le sondant. Le jeune homme continua s’adressant toujours au petit animal qui le fixait perplexe :

- VOUS SAVEZ, MONSIEUR REESE, VOUS ME FAITES PENSER À MON COMPAGNON, LE CHAT DE CHESHIRE. PEUT-ÊTRE L’AVEZ-VOUS DÉJÀ RENCONTRÉ ? BIEN QUE JE RESTE PERSUADÉ QUE, TOUT COMME CHESHIRE, VOUS N’EN DIREZ PAS UN MOT. LA VOIE DES CHATS EST SOUVENT IMPÉNÉTRABLE POUR LES SIMPLES MORTELS QUE NOUS SOMMES.

Était-elle de trop dans cette conversation ? C’est en effet à se demander. Essayant de comprendre le sens des mots. La conversation prenait une tournure bien étrange mais, il faudrait s’y attendre en présence de ce curieux énergumène, ma foi, la folie n’est qu’une douce sucrerie que l’on déguste après avoir nagé dans un bain d’acide.

Mais en se concentrat sur l’essence même de ces paroles…. De quoi parlait-il, au juste ? Le chat de… de quoi.. ? Une fois de plus elle n’en fit que plus intrigué. Elle fut presque sous le charme de ce jeune homme haut en couleur. Ne vous m’éprenez pas sur le sens du mot. Elle venait simplement de tomber sur LA personne qui défiait les lois de ce monde si tranchantes. Comme une sorte de fascination. Enfin. Enfin elle sut ce que signifiait le mot « différent » enfin elle comprenait ce qu’était « se démarquer » ou « sortir du lot ».

- ENFIN, TOUT ÇA POUR VOUS DIRE, MADEMOISELLE ELWING, QUE VOTRE COMPAGNON DE ROUTE ICI PRÉSENT A FORCÉ LE DESTIN AFIN QUE NOUS NOUS RENCONTRIONS CE MATIN.

oui. Et c’est peut-être la seule bonne chose que le destin avait daigné lui accordé. Ça et son pouvoir. Comme quoi, Reese ne faisait pas que des bêtises…  mais bien sûr, cela pouvait rester le fruit du hasard.

Que dire à ça ? La situation restait délicate mais pas déplaisante. Pourtant l’autre semblait gêné. Il devait avoir conscience qu’il était à part et que cela pouvait mal tourner. Il continua donc sur sa lancée :

- VOUS SAVEZ, MADEMOISELLE ELWING, S’IL Y A UNE CHOSE DONT VOUS POUVEZ ÊTRE SÛRE, C’EST QUE VOTRE VIE EST AUSSI PRÉCIEUSE QUE TOUTES LES AUTRES. ET QUE CHAQUE ÊTRE VIVANT POSSÈDE SA PROPRE PERCEPTION DU MONDE ET DES GENS QUI L’ENTOURENT. IL N’Y A PAS DE BONNES OU DE MAUVAISES RÉPONSES. SI VOUS SOUHAITEZ JUGER LES HOMMES PAR LEURS ACTES, NE SUPPOSEZ PAS, CROYEZ EN CES MOTS. ILS NE POURRONT QUE VOUS REMERCIER DE LES AVOIR RENDU PLUS VIVANTS QUE JAMAIS… SURTOUT SI VOUS LIEZ L’ACTE À LA PAROLE.

Elwing resta figé sur place. Cet homme avait tout compris, ma foi.

La vie…. Précieuse.. ? Oui enfin, si on prenait en compte qu’elle avait servi de rat de laboratoire pour sauver de multiple vie alors que la sienne était simplement condamné. Mourir pour sauver des personnes qu’elle ne connaissait ni d’Eve ni d’Adam… Elle aurait dû être contente… faire le bien, quitte à sacrifier sa vie d’enfant non désiré. Pourtant elle avait préféré vouloir mettre fin à ses jours… elle s’en voulait. Elle était égoïste d’avoir voulu en finir pour quelque douleur physique et des expériences alors que des gens se battent contre le cancer. Elle aurait voulu être fière d’avoir contribué à trouver en remède, au lieu de quoi elle culpabilisait de ne pas être morte en héroïne.

- J’AI BIEN CONSCIENCE QUE LA SITUATION PEUT PORTER À CONFUSION ET QUE RIEN DE CE QUE JE POURRAIS DIRE NE POURRA ALLÉGER L’AIR DE CETTE CONVERSATION. IL Y AURA TOUJOURS DES APRIORIS. IL Y AURA TOUJOURS DES ARRIÈRE-PENSÉES. MÊME SI ON NE SOUHAITE PAS LES AVOIR. NOTRE PASSÉ FINIT TOUJOURS PAR NOUS RATTRAPER. QU’IL AIT ÉTÉ HEUREUX OU MALHEUREUX. LA SITUATION PRÉSENTE RAPPELLE TOUJOURS UN ÉVÉNEMENT PASSÉ, OU RENVOIE À UNE PEUR, CONSCIENTE OU INCONSCIENTE. LES HOMMES SONT FAITS AINSI. ET PERSONNE NE POURRA RIEN Y CHANGER. C’EST DANS LEUR NATURE QUE D’ÊTRE MÉFIANT.

Oui, en effet. C’est tout en instinct. Primaire. Mais comment faire autrement ? L’homme et, encore une fois, sa fourberie avait rendu ses propres congénères, incapable de naitre en toute confiance. On apprenait à esquiver la méfiance, à connaitre et à aimer les personnes qui prenait de l’importance. Aussi bien que « qui se ressemble s’assemble » ou bien « les opposés s’attirent »

Et puis… cette personne lui laissait clairement le choix. Il ne l’incitait à rien. Ne cherchait même pas à défendre sur sa grande gentillesse. Il lui laissait, à elle et elle seule, le loisir d’accepter ou non sa compagnie. Il ne cherchait pas à faire ami-ami, juste d’avoir une oreille attentive avec qui passer un peu de temps à discutailler. Puis, c’est surement avec ce genre de rencontre, qu’elle pourrait enfin avancer son histoire et tourner les sombres pages de son passé. Après tout, c’est tout ce qu’elle demande, se débarrasser du fardeau qu’est son enfance… Si l’on peut parler d’enfance, car son enfance avait littéralement volé en éclat comme une vitre qui se brise quand on lance une grosse pierre.

- BIEN QUE VOTRE COMPAGNIE M’EST FORT AGRÉABLE, JE DOIS AVOUER QUE L’ENVIRONNEMENT SE NOURRIT ABONDAMMENT DE LA CHALEUR DE MON CORPS DEPUIS UN MOMENT DÉJÀ, ET JE N’AIMERAIS PAS FINIR CONGELER AVANT MÊME D’AVOIR COMMENCÉ MA JOURNÉE. SERAIT-CE TROP OSÉ DE MA PART QUE DE VOUS DEMANDER DE M’ACCOMPAGNER À L’INTÉRIEUR ? IL Y A UN BON FEU DE CHEMINÉE QUI BRÛLE ET DE VIEUX FAUTEUILS, CERTAINEMENT ENCORE PLUS ABÎMÉS QUE LA DERNIÈRE FOIS QUE JE SUIS VENU, MAIS QUI SONT FORT CONFORTABLES, ET QUI N’ATTENDENT PLUS QUE NOUS. PEUT-ÊTRE POURRAIS-JE VOUS PARLER DU PAYS D’OÙ JE VIENS ? ET DE MES COMPAGNONS D’ARMES. AVEZ-VOUS DÉJÀ ENTENDU PARLÉ DU PAYS DES MERVEILLES ?


Elwing fit non de la tête. Elle n’en avait jamais entendu parlé.  Elle espérait que ce n’était pas son manque de culture qui faisait qu’elle ne connaissait nullement le « pays des merveilles » mais cela l’intrigua d’avantage. Tout cela ressemblait à une histoire ou à un conte de fée. Comme son père adoptif avait pour habitude de lui lire le soir avant de se plonger dans le pays des rêves.

Elle avait toujours aimé les histoires… elle aimait surtout entendre les gens parlé et li raconter plein de chose qu’elle écoutait d’une oreille attentive. De nature très rêveuse et particulièrement enfantine pour son âge, elle aimait encore les histoires d’enfant. Peut-être parce qu’elle n’avait jamais eu l’occasion d’en écouter à cet âge-là…. Elle aurait tellement voulu ne pas gâcher toute ses années de vie… Était-ce le châtiment car elle avait été une mauvaise personne dans une autre vie ?
Bref. Oublions le débat sur la réincarnation. Prenons le problème à l’endroit. Qu’allait-elle faire maintenant ? Il est vrai que cela lui aurait fait du bien, parler un peu et se reposer… tout en oubliant ses cauchemars… C’était ce qu’il y avait de mieux à faire. Puis, le chapelier lui avait simplement proposer de s’arrêter dans un lieu public. Sans danger. « La méfiance était un sentiment normal…. Ah. Encore ce mot « normal ». Défions la norme et soyons fou, faisons confiance. Une fois de plus, l’ironie s’acharne sur nous, mon cher Reese ! »


-  SI VOUS SOUHAITEZ CONTINUER VOTRE ROUTE, JE VOUS RACCOMPAGNERAIS JUSQU’À L’ARTÈRE PRINCIPALE, ET NOUS NOUS QUITTERONS. JE NE TIENS PAS À VOUS LAISSER DANS UN ENDROIT AUSSI PEU ÉCLAIRÉ QUE CELUI-CI. MÊME SI NOUS SOMMES DANS UNE ACADÉMIE, NOUS NE SAVONS PAS VRAIMENT SUR QUI NOUS POUVONS TOMBER.

Voila qui était fort aimable…. Mais ce ne sera pas nécessaire, elle avait pris sa décision. Elle avait à nouveau souri tout en s’inclinant légèrement. Son chat avait bondi sur ses épaules, sa longue queue autour de sa nuque, lui effleurant sa joue de ses moustaches alors qu’il s’installait confortablement sur son perchoir favori.

Elle s’approcha déjà d’un pas lent vers le magasin. La chaleur l’envahi déjà alors qu’elle n’était que sur le seuil. Elle se rendit compte qu’elle n’avait rien dit au jeune homme alors qu’il avait cessé ces longues tirades, digne des plus grands philosophes. Elle se tourna à demi vers lui, passant prudemment ses cheveux derrière son oreille.

- C’est très aimable à vous de vous inquiétez de mon sort.

En effet, il ne la connaissait même pas… Et, même si elle était arrivée ici sans encombre, qu’en serait-il du chemin du retour ? On ne pouvait pas toujours compter sur la chance. Et nous n’étions pas des chats aux neufs vies. Même si l’on pouvait croire qu’elle s’était battue avec l’Enfer pour enfin s’en libérer et revenir sur terre. Le véritable monde comme tout le monde devrait le vivre.

- C’est avec plaisir que je vous accompagne et écouterai votre récit sur le pays d’où vous venez et dont je n’ai jamais entendu parlé.

Sans attendre de réponse et dans un léger rire d’enfant, elle entra à l’intérieur. Voila donc à quoi ressemblait cet apothicaire. Elle avait un certain charme. Il y faisait bon chaud. Cela semblait convivial, ils y seraient bien.

Reese humait l’air, un peu méfiant. Il poussa un « miaou » insistant et s’agitait sur ses épaules. Elwing repéra bien vite le canapé qui lui convenait. C’était LA qu’elle voulait s’assoir et nulle part ailleurs. Elle fit signe au chapelier de la rejoindre avec son grand sourire tout excité. Elle vit volte-face et inspecta le canapé qui… on ne va pas se mentir, semblait plus vieux que la première guerre mondiale. Elle s’assit, ses mains sur ses genoux.

- Voila. Nous serons très bien ici, proche du bon feu de cheminé ! Venez-vous souvent ici ? Et aussi tôt le matin ? C’est peu commun. Ça a le mérite d’être original. Mais bon même si la situation a commencé de façon malaisante, corrigeons le tir !

Essayant de passer par-dessus sa timidité et le fait qu’elle soit vite intimidé, la jeune femme continua, tout en caressant la tête de son chat :

- Vous vous faites donc appeler « le chapelier fou » et vous vivez au… pays des merveilles… ou quelques choses de semblable. Et mon chat vous fait d’ailleurs pensé à… l’un de vos amis. Voila qui est peu commun… et en ce qui concerne votre arrivé à l‘académie.. ? A quoi bon quitter un pays au nom alléchant et prometteur pour une académie douteuse.. ?

Une envie de nouveauté ?

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Mar 29 Aoû - 12:00



Si le monde n’a aucun sens, qui nous empêche d’en inventer un ?

feat. Elwing Fray



« Mais je n’ai nulle envie d’aller chez les fous », fit remarquer Alice.
« Oh, vous ne sauriez faire autrement, dit le Chat : ici, tout le monde est fou. Je suis fou. Vous êtes folle. »
« Comment savez-vous que je suis folle ? » demanda Alice.
« Il faut croire que vous l’êtes, répondit le Chat ; sinon, vous ne seriez pas venue ici. »
De Lewis Carroll

Mademoiselle Elwing devait être en grande discussion avec sa tête.
Car elle ne dit mot durant mes longues et ennuyeuses tirades.
Je me demandais d’ailleurs pourquoi elle n’avait pas pris ses jambes à son cou.
Je devais avoir l’allure d’un fantôme de chapelier squelettique.
A moins que cela soit le squelette d’un chapelier fantôme ?
Ou le chapelier d’un fantôme de squelette ?
Peu importe.
Le sujet de ce frigorifique matin n’était point là.
A quoi pouvait bien penser Mademoiselle Elwing ?
Que j’étais certainement fou.
Dans le bon ou le mauvais sens du terme ?
Peut-être devrais-je lui demander ?
Mais cela ne ferait-il pas prétentieux ?
Ou bien monter le sentiment de malaise déjà bien trop présent et arrogant ?
Oh, que cela me semblait bien compliqué.
Pourquoi fallait-il tant réfléchir à une heure pareille ?
Parfois, j’avais l’étrange impression qu’une ombre passait dans les yeux de Mademoiselle Elwing.
Avant que ces derniers ne redeviennent d’un vert éclatant.
Je ne savais pas le combat qu’elle menait en son fort intérieur.
Je ne pouvais pas imaginer la vie qu’elle avait eu avant de débarquer ici.
Si je le faisais, cela serait lui manquer beaucoup de respect.
Je n’avais pas à lui inventer une vie.
Si elle désirait me faire part d’un ou plusieurs évènements de son passé, libre à elle de le faire.
Sa vie n’appartenait qu’à elle.
Et il serait vraiment malsain de ma part de la lui voler en affirmant tout et n’importe quoi.
Et voilà que je me remettais à philosopher.
Décidément, je n’en ratais pas une.
Alors que les derniers mots de mon ultime tirade s’étaient envolés…
Avant de retomber mollement sur un sol que la brume s’amusait à balayer de toute part…
Je n’avais pas pris conscience que Mademoiselle Elwing – en compagnie de Monsieur Reese – s’était approchée de la porte d’entrée.
Quel goujat je faisais !
Vraiment !
Ne pas faire attention à une aussi charmante demoiselle était un crime pour le gentleman que je prétendais être.
Bon…
Je l’admets.
J’avais toujours eu beaucoup de mal avec la gente féminine.
Mais est ce que je pouvais mettre Mademoiselle Elwing dans c’te catégorie là ?
Oups…
Je fus fort heureux de ne pas avoir dit ceci à haute voix.
Cela aurait pu être très vexant pour la jeune fille.
Mon idée n’était pas de dire que Mademoiselle Elwing ne faisait pas partie de la gente féminine.
Mais plutôt de savoir si je devais considérer Demoiselle Elwing par la simple catégorisation des sexes…
Ou par son entité même.
Elle semblait avoir une essence bien à elle.
Une essence qui faisait disparaître tout le reste.

Je secouais vigoureusement la tête.
La fraicheur de ce matin ne me réussissait guère.
Elle me rendait tout mollasson.
Tant dans mes gestes que dans ma pensée.
Que je n’aimais guère cela.
La voix de Mademoiselle Elwing me sortit de mes rêveries.
Moi ?
Aimable ?
Disait-elle cela pour me faire plaisir ?
Ou le pensait-elle vraiment ?
Non.
Assez.
Que j’arrête donc ce dévergondage de la pensée.
Je restais sur l’idée que Mademoiselle Elwing n’était pas une mauvaise personne.
Et ce n’était pas dans mon intérêt que de tenter de percer les intentions de l’autre.
Sans prendre le temps de le connaître.
Et puis, je me connaissais bien…
Spéculer sur autrui avait tendance à faire monter l’angoisse plus rapidement.
Que je profite donc de cet instant.
Qui sait lorsqu’un moment comme celui-ci ressurgira ?
Malgré le froid ambiant, la chaleur provenant de l’antre de l’apothicaire apportait une note de douceur.
Nous étions quelque part entre ciel et terre.
L’heure matinale à laquelle nous étions sortis respirait le calme et la sérénité.
Que je laisse donc mes peurs à l’extérieur.
Ecouter mes histoires ?
Vraiment ?
Elle ferait cela ?
Alors que nous ne nous connaissions pas ?
Et que…
Comment dire…
Notre différence d’âge pouvait prêter à confusion.
J’espérais que l’idée que je…
Ni aucune autre pensée de la sorte.
C’était vraiment gênant.
Elle ne demanda point son reste.
Et Mademoiselle Elwing entra rapidement dans l’apothicairerie.
Un petit rire léger l’accompagnant.
Je devins rouge cramoisi.
Non pas que j’étais vexé.
Mais qu’encore une fois, je n’avais point été gentleman.
Ne pas lui tenir la porte était un crime.
Voilà qu’une charmante jeune fille s’arrêtait pour discutailler avec le chapelier que j’étais…
Et je faisais vraiment tout de travers…

Je pénétrais donc à sa suite dans le magasin.
Je souris en voyant le feu crépitait joyeusement dans l’âtre.
L’odeur des différents thé en vrac, et celle du café s’entrechoquaient avec rage.
Que j’aimais cet endroit !
La grosse et vieille machine qui servait à moudre le grain tournait lentement.
Moulant à toute heure du jour et de la nuit ses précieux grains de café.
Je cherchais rapidement l’apothicaire des yeux.
Je constatais rapidement que la porte de l’arrière-boutique était ouverte.
Et que le vieil automate était là.
Il était assis sur sa chaise, presque prostré.
Il remplissait soigneusement des sachets de thé et de tisane.
J’aurais aimé pouvoir le saluer.
Mais voilà que Mademoiselle Elwing – qui avait choisi avec soin l’emplacement où nous allions nous installer – m’interpella d’un signe de la main.
Et elle prit place sur l’ancestral canapé.
Je ne pouvais point la faire attendre.
L’apothicaire leva lentement la tête de son ouvrage.
Et tourna cette dernière dans ma direction.
Je lui fis un salut digne de ce nom de la tête.
Et il me répondit aussi silencieusement que moi.
Et le vieil automate se replongea dans les méandres insondables de la confection de ces tendres paquets de thé et de tisane.
Lorsqu’il l’aura décidé, il viendra s’enquérir de notre commande.
D’ici là, nous avions tout notre temps.
Je m’avançais d’un pas tranquille vers la jeune femme.
Et je m’assis à côté d’elle, vers l’un des accoudoirs du canapé.
Je n’aimais pas particulièrement être au milieu.
J’affectionnais le fait de pouvoir m’accouder quelque part, et poser ma tête nonchalamment sur la main dont le bras était soutenu par un membre du canapé.
Néanmoins, je sentais que ce n’était point le moment de flâner sur notre moelleux fauteuil.
Voilà que Mademoiselle Elwing avait reprit la parole.
Elle me fit part de ses questionnements, tout en caressant tendrement la tête de Reese.
J’ouvris plusieurs fois la bouche.
Mais finis – à chaque fois – par la refermer.
Les idées se bousculaient dans ma tête.
Mais je n’arrivais pas à les formuler de façon à faire une tirade cohérente.
Je laissais donc le silence planait quelques instants.
Le temps de remettre mon cerveau en place.

« Pour tout vous dire, Mademoiselle Elwing, l’heure importe peu…
Depuis que je me suis fâché avec le Temps en mars dernier ;
Il se trouve que, maintenant, c’est toujours l’heure du thé.
J’estime que nous devons au thé – comme à beaucoup d’objets et d’évènements – le respect et l’amabilité qu’il convient de lui donner.
Le thé vous revigorera les matins où le soleil n’a point voulu se lever sur votre cœur.
Le thé vous réveillera lorsque le réveil n’aura su le faire.
Le thé vous réchauffera quand les températures extérieures auront pris plaisir à descendre fort bas.
Quand à la tisane, elle vous apaisera lorsque la lune sera déjà haute dans le ciel, et que vous n’aurez point encore trouvée le sommeil.
L’un comme l’autre ont leurs utilités…
Comme leurs défaillances.
Ne dit-on pas que Personne n’est parfait ? »


Je me grattais la tête, avant de reprendre :

« J’dois vous ennuyer avec mes théories de si bon matin.
J’vais donc tenter de répondre le plus simplement que je puisse à vos questions. »


Et j’ajoutais avec un petit rire :

« Bien que du peu que je connaisse de moi-même…
Je sais qu’il est dur pour moi de ne point parler sans divaguer.
Mais cela serait un comble pour un chapelier s’il n’allait qu’à l’essentiel.
Non.
Parler est un remède comme un autre.
Et croyez-moi si vous le voulez, mais les mots peuvent être un doux réconfort…
Comme la pire des calamités.
Je préfère la première solution…
Bien que la seconde soit parfois très utile pour se défendre lors de grandes batailles. »


Je chassais d’un mouvement sec de la tête les pensées noires qui commençaient à s’agglutiner à l’entrée de mon cerveau.

« J’viens dans le coin plusieurs fois par mois.
Souvent très tôt le matin.
J’dois dire que j’n’aime pas particulièrement perdre du temps sur le chemin.
Les loups rôdent à toute heure du jour et de la nuit.
Et rien n’a empêché le Grand Méchant Loup de dévorer le Petit Chaperon Rouge et sa Mère-Grand.
De ce fait, j’préfère choisir l’heure du thé pour pouvoir venir ici.
Il se passe toujours des choses intéressantes à l’heure du thé.
Et, d’un certain côté, je me félicite de m’être fâché avec le Temps en mars dernier…
Il a bloqué les aiguilles à l’heure du thé.
Et cela, quelque soit l’instant où nous nous trouvons dans la journée.
N’est ce pas magnifique ?
L’heure du thé donne beaucoup de courage.
Du moins, au Chapelier fou que je suis. »


Petite pause d’une vingtaine de secondes.
Puis je repris.
En posant une question.

« Et vous, Demoiselle Elwing ?
Qu’est ce qui vous donne du courage ? »


Puis je pris conscience de sa dernière tirade.
Pourquoi avoir quitté le Pays des Merveilles ?

« Pourquoi avoir quitté un pays au nom merveilleux pour une académie douteuse ?
Est-ce cela la question ?
Sans vouloir offenser qui que se soit, Mademoiselle Elwing, je vais répondre à votre question par une autre.
Bien que cela sera avec plaisir que je répondrais à vos questionnements…
Mais…
Plus tard…
A votre avis, est ce que le plus beau des gâteaux sera forcément le meilleur des gâteaux ?
Sera-t-il forcément bon lorsque vous le goûterez ? »


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"I am a baby prout because my english is very good !"
De Conan Grimaldi, le mardi 27 juin 2017.
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